Rien que de le lire, certains frissonnent. D’autres font le signe de croix. Et dans les marchés africains, si ton addition tombe à 666, le commerçant rajoute une mangue gratuite, juste pour “casser le chiffre”. Pourquoi ? Parce que pour beaucoup, 666 serait le nombre du diable.
D’où vient cette histoire ? Le 666 vient de la Bible, plus précisément du Livre de l’Apocalypse (chapitre 13, verset 18) :
« C’est ici la sagesse. Que celui qui a de l’intelligence calcule le nombre de la bête, car c’est un nombre d’homme. Et son nombre est six cent soixante-six. »
Pendant des siècles, les gens ont associé ce “nombre de la bête” au diable, au satanisme, aux forces du mal.
Sauf que… les historiens et biblistes ont une explication plus terre-à-terre.
À l’époque, les lettres avaient aussi des valeurs numériques. En grec ancien, 666 correspondrait à Néron César, l’empereur romain connu pour avoir persécuté les chrétiens.
Pour mieux étayer mon développement, j’emprunte ces phrases aux explications du recteur Mahoutin Jonas Koudenoukpo , qui précise : «Au début de l’année 2017, au Bénin, il était interdit de mentionner le nom du président de la république sauf si on a envie de se retrouver en prison. Les illuminés de l’époque lui ont donc fabriqué plusieurs surnoms entre autres : #Taïrou, #Afôkpa, #Papa_Glyphosate, #Mikpégbêdji, #Aguidiman, ….
Pour comprendre les écrits contenant ces surnoms, il faut soit être béninois, soit avoir une grande culture de la politique au Bénin.
Le passage biblique d’où est tiré ce nombre dit clairement que c’est un nombre mathématique qu’il faut calculer et pour ce faire, il faut être intelligent.
Malheureusement, le passage a demandé l’intelligence, ce qui est interdit dans les religions abrahamiques qui préfèrent la foi aveugle à la connaissance sous leurs yeux.
Les chrétiens du premier siècle ont surnommé César Néron 666, la Bête car c’est sous son règne de 54 à 68 que la persécution a vraiment commencé pour eux car Néron les faisait tuer pour son plaisir et est même allé jusqu’à brûler Rome et a accusé les chrétiens d’être auteur de cette incendie alors qu’il voulait dérouler un nouveau plan d’urbanisme.
Je vous invite à lire l’histoire de Néron ensuite lire ce que l’écrivain de Apocalypse dit de la bête.»
En clair, ce n’était pas une prophétie cosmique, mais un message codé pour critiquer un tyran, sans se faire exécuter.
Et d’ailleurs, mathématiquement, 666 n’a rien de diabolique.
C’est un nombre triangulaire (et qui est la somme de tous les nombres de 1 à 36) et même un nombre “joli” pour les mathématiciens. En science, il n’existe aucun lien entre ce nombre et un quelconque “pouvoir” surnaturel.
Mais la culture pop, elle, adore ce genre de symbole.
De The Omen (film d’horreur culte) aux tatouages gothiques, en passant par les théories du complot sur les codes-barres et les puces électroniques… le 666 est devenu un outil marketing pour vendre de la peur.
Chez nous en Afrique, la peur du 666 s’est mélangée aux croyances locales. On l’associe parfois à la sorcellerie, au maraboutage ou aux “signes de l’Antéchrist”. Certains refusent d’habiter dans une maison portant le numéro 666. D’autres voient ce chiffre comme un “marquage” qui annonce un destin maudit.
Le 666, historiquement, est un code anti-tyran devenu un symbole religieux, puis un outil de peur. C’est un chiffre, pas un démon.
Le pouvoir qu’il a sur toi dépend uniquement de ce que tu crois.
Tu ne peux pas te dire chrétien ou musulman et souffrir d’une carence en culture générale et en notions d’histoire.
Ressaisis-toi.