En Afrique, le Diable a un CV plus chargé qu’un ministre de l’Économie. Il gère tout : le chômage, la pauvreté, les maladies, les coupures d’électricité, et même le Wi-Fi capricieux du voisin.

Tu rates un examen ? → “Le diable m’a distrait.”

Ton business coule ? → “Le diable m’a combattu.”

Ton mariage échoue ? → “Le diable l’a envoûté.”

Ton riz brûle ? → “Le diable a soufflé sur la marmite.”

À ce rythme, même le diable doit se gratter la tête :

> “Franchement… je prends des vacances depuis 2000 ans, mais eux continuent de m’accuser.”

En Afrique, le diable est devenu le bouc émissaire officiel. On a remplacé la responsabilité par la superstition.

Au lieu de chercher les causes, on cherche les démons.

Au lieu d’affronter nos erreurs, on fait des veillées de délivrance.

Pendant qu’on jeûne pour chasser le diable, d’autres peuples mangent les fruits de leur innovation.

Pendant qu’on lie “les esprits de pauvreté”, d’autres lient des contrats internationaux.

Pendant qu’on crie “au nom de Jésus”, d’autres signent “au nom de la recherche et du développement”.

Sérieusement, si tu écoutes nos prédications, nos conversations et nos chansons, tu as l’impression que le diable a pris une carte de séjour à Kinshasa, Abidjan, Cotonou ou Lagos. Il ne s’intéresse ni aux Suédois, ni aux Japonais, ni aux Canadiens, ni aux français — juste nous !

Et si cette obsession du diable n’était qu’une illusion collective ? Une stratégie inconsciente pour fuir nos propres responsabilités ?

Parce que soyons clairs :

Ce n’est pas le diable qui ferme les écoles.

Ce n’est pas le diable qui détourne les budgets.

Ce n’est pas le diable qui refuse de lire, d’apprendre ou d’investir.

Ce sont des humains. Des Africains. Nous.

Le vrai diable n’est pas spirituel. Il est structurel.

Il s’appelle :

L’ignorance. La paresse. La corruption. L’avidité.

La peur de penser par soi-même.

Ce sont eux, les vrais démons qui bloquent le continent. Et tant qu’on ne les chasse pas, on peut bien hurler “Sors !” du matin au soir, rien ne sortira.

Le diable est malin, oui, il est dans notre imagination. Mais son plus grand exploit n’est pas d’avoir tenté Ève. C’est d’avoir convaincu des millions d’Africains de faire son travail à sa place.

Plus besoin qu’il détruise quoi que ce soit :

Il nous suffit d’y croire… et on s’autodétruit.

C’est le seul endroit au monde où le diable n’a plus besoin de travailler — il a des stagiaires partout.

Le diable africain, c’est une mentalité. C’est une croyance, et une croyance cesse d’exister dès qu’on ne l’alimente plus.

C’est cette voix intérieure qui te dit : “Ce n’est pas ta faute.” C’est cette habitude de chercher un coupable invisible, au lieu de regarder dans le miroir. C’est ce réflexe national de prier sans agir, d’espérer sans construire, de rêver sans planifier.

Le jour où tu comprendras que :

Le diable ne te poursuit pas, ton ignorance oui.

Le diable ne t’empêche pas d’investir, ta peur oui.

Le diable ne t’a jamais volé ton argent, tes décisions, si.

Ce jour-là, tu seras libre.

Libre de créer, d’agir, de bâtir.

Libre de réussir.

Parce que le plus grand exorcisme du monde, ce n’est pas de crier “Sors !”

C’est de dire : “Je prends ma responsabilité.”