« Grande sœur, la bouillie d’hier, vous avez sûrement constaté son goût fortement fermenté. Excusez-moi, quand je suis en colère avant de tamiser la pâte du céréale, cela impacte directement la fermentation de leurs bouillies. »
Etc….
Qui n’a jamais entendu ce genre de phrases dans la bouche des vendeuses de bouillie ?
Et on y croit facilement. Certains même disent fièrement à leurs filles ou à leurs enfants domestiques : « Ne me tamise pas la pâte car tu n’as pas une « bonne main »! »
Mais nous sommes au 21ᵉ siècle, et la connaissance est disponible à coût zéro. On ne cessera de vous le répéter : rejoignez le mouvement de la destruction des mensonges ancestraux.
L’acidité et le bon goût de la bouillie ne dépendent pas de la main de celle qui a tamisé la farine.
Cette croyance populaire au Bénin, encore répétée même par certains qui ont été à l’école, n’a aucune base scientifique.
L’acidité de la bouillie de mil , sorgho ou de maïs dépend de :
🍵 la durée de fermentation (24 h, 48 h…),
🍵la température ambiante,
🍵la quantité d’eau utilisée,
🍵la présence naturelle de levures et de bactéries lactiques dans le mil , sorgho, maïs ou dans l’environnement.
Plus le « GUIKPON » (pâte de farine battue) reste longtemps au repos, plus il développe un goût acide naturel, comme le yaourt.
Ce que les gens attribuent à « la main » correspond en réalité à des différences de méthode :
😋certaines laissent fermenter plus longtemps,
😋d’autres utilisent des calebasses contenant déjà de bonnes bactéries naturelles,
😋certaines lavent le mil plusieurs fois,
😋d’autres utilisent de l’eau plus propre ou un tamis plus fin.
Ce sont ces techniques qui influencent le goût, pas la « main physique » de la personne.
Si cette croyance persiste c’est parce que certaines femmes sont réputées pour leur excellente bouillie.
Je me souviens d’une dame qui, depuis plus de 15 ans, vend de la bouillie. Grâce à cette activité, elle a acquis une parcelle et soutenu son mari dans l’éducation de leurs enfants. Hier encore, j’ai acheté son « 𝐀𝐆𝐁𝐀𝐇𝐔𝐍𝐆𝐁𝐀 » , et il y avait une longue file devant elle.
Pourquoi ?
Parce qu’elle maîtrise la technique, les outils, l’hygiène et surtout le temps de fermentation.
Quittons ces histoires faribolesques et avançons vers la connaissance.
Ambroise SODE , heureux comme un Juif ayant raté le train.