Et il y a le jour où j’ai compris que le deuil coûte plus cher que la vie.

L’an dernier, un officier supérieur de l’armée — un homme respecté, en uniforme, vivant en ville — a perdu son fils aîné dans un accident de circulation.

Tragédie. Silence. Douleur.

Mais en Afrique, un deuil… n’est jamais juste un deuil. C’est souvent le début d’un grand théâtre.

Dès que la nouvelle du décès est arrivée au village, tout le clan a voulu venir “partager la douleur”.

Pas par amour, non. Par réflexe communautaire.

C’est-à-dire : “On vient pleurer… mais c’est toi qui payes le transport, la bouffe, le séjour et même le retour.”

Le père, lucide, leur a dit calmement : “Je viens de perdre mon fils. Ceux qui veulent venir doivent prévoir 10000 CFA chacun pour le transport aller-retour.”

Tu parles ! Le village a crié au scandale : “Comment ? Nous venons pour un deuil, pas pour prendre ta richesse !”

Le jour venu, vingt personnes débarquent quand même. Les mains vides, mais la bouche ouverte.

Et en Afrique, tu le sais : le deuil, c’est aussi une fête populaire.

On mange, on boit, on cause, on refait le monde — pendant que la famille du défunt s’endette.

Le pauvre père, malgré sa peine, a tout payé : logement, repas, boissons… Et pour clôturer la “cérémonie”, il a encore sorti 50.000F pour leur retour.

Zéro contribution. Juste des larmes et du riz gras.

Pourquoi faut-il appauvrir un vivant pour honorer un mort ?

Pourquoi ne peuvent-ils pas pleurer au village ?

Et surtout, pourquoi continuer à appliquer les traditions du village en plein XXIe siècle… alors qu’on vit en ville, avec le coût de la vie, les loyers, l’électricité, les impôts et la réalité moderne ?

Dis-moi honnêtement :

Tu vis encore dans une case en chaume ?

Tu portes encore des peaux d’animaux ?

Tu vas au marché avec un arc et des flèches ?

Non.

Tu vis en ville, tu portes des jeans, tu conduis, tu envoies des messages vocaux sur WhatsApp.

Alors pourquoi vouloir gérer ta vie moderne avec les règles du village ancien ?

Cette contradiction est la racine de notre stagnation collective.

Le problème, ce n’est pas le franc CFA, c’est le CFA mental : Croyances Familiales Anciennes.

Ce “CFA” qui t’impose de payer pour tout le monde, d’entretenir des gens qui refusent d’évoluer, et de culpabiliser si tu oses dire “non”.

Ce “CFA” t’empêche d’épargner, d’investir, de bâtir ta propre liberté, parce qu’il te lie à des traditions mal interprétées et des obligations émotionnelles absurdes.

Albert Einstein disait : “Être insensé, c’est continuer de faire les mêmes choses et espérer des résultats différents.”

Il parlait peut-être de la physique quantique.

Mais il aurait aussi pu parler… de nos funérailles africaines.

Nous devons oser adapter la tradition à la réalité moderne.

Garder le sens, oui.

Mais pas les chaînes.

L’AFRIQUE N’AVANCERA PAS PAR LA MAGIE, MAIS PAR LA LOGIQUE.

Quand les traditions deviennent des dettes, elles cessent d’être des valeurs. Et quand la compassion devient une facture, elle n’a plus de cœur.

Le vrai respect du défunt, ce n’est pas d’organiser un banquet de misère, c’est d’honorer sa mémoire en vivant mieux, plus dignement, plus intelligemment.

LE CHOIX T’APPARTIENT

Soit tu continues de payer pour des larmes de théâtre.

Soit tu brises le cycle.

Parce que parfois, dire “non” au clan, c’est dire “oui” à ton avenir.