Ce post se présente comme une lettre ouverte à tous les croyants, peu importe votre bord religieux. Je vais utiliser des expressions auxquelles vous êtes familières pour répondre à la question.
Je m’adresse à vous non pas en ennemi de la foi, mais en gardien de la raison. Je ne suis ni pasteur, ni prophète, ni politicien.
La politique, c’est quoi au juste ?
Le mot politique vient du grec polis, qui signifie la cité.
Faire de la politique, c’est donc s’occuper de la vie des hommes, gérer la cité, construire des routes, éduquer des enfants, défendre la justice.
Alors pourquoi, dans nos églises, dès qu’on entend ce mot, tout le monde se met à faire le signe de croix comme si on avait prononcé le nom du diable ?
La politique n’est pas mauvaise. Ce sont les politiciens sans conscience qui la rendent sale.
Et quand les bons se retirent, les mauvais se servent.
Mais dites-moi, frères et sœurs, depuis quand croire en Dieu signifie fuir le monde ?
Depuis quand la foi est-elle devenue un prétexte pour abandonner la société à ceux qui volent et manipulent ?
Un chrétien ne peut pas gouverner ?
Alors pourquoi Joseph fut Premier ministre d’Égypte ?
Pourquoi Daniel conseilla le roi de Babylone ?
Pourquoi David, roi d’Israël, portait la couronne ?
Pourquoi Débora, femme prophétesse, rendait la justice en Israël ?
Allons-nous brûler ces pages de la Bible prise pour la parole de Dieu pour rester “neutres” ? Ou bien certaines pages sont utiles, et d’autres non.
La vérité, c’est que ceux qui refusent d’exercer le pouvoir laissent le champ libre à ceux qui adorent le mal. Et ensuite, on pleure, on prie, on gémit — pendant que les autres décident du prix du riz, du salaire des enseignants, et du sort de nos enfants.
Vous connaissez le paradoxe du croyant moderne ? Un croyant peut enseigner dans une école publique, travailler pour un politicien, recevoir un salaire de l’État, voter pour un candidat…
Mais on lui interdit de devenir lui-même un acteur du changement. Il peut bénir un politicien, mais pas en être un.
C’est quoi cette foi mutilée ?
Voltaire disait : > “Ceux qui peuvent te faire croire à des absurdités peuvent te faire commettre des atrocités.”
Et dans nos sociétés, on a fait croire aux chrétiens que penser, gouverner, agir, c’était trahir Dieu.
Alors ils se réfugient dans les chants, les jeûnes et les versets… pendant que le monde brûle.
Et si je faisais sortir quelques versets bibliques ?
– Genèse 1:28 : “Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre et soumettez-la.” → Cela signifie prendre responsabilité sur la terre, pas s’en évader.
– Proverbes 29:2 : “Quand les justes sont nombreux, le peuple est dans la joie ; mais quand le méchant domine, le peuple gémit.” → Alors pourquoi les justes fuient-ils le pouvoir ?
– Matthieu 5:13 : “Vous êtes le sel de la terre.” → Mais le sel ne sert à rien s’il reste dans le bocal de l’église.
Dieu ne cherche pas des spectateurs. Il cherche des consciences éveillées. Le Royaume de Dieu ne se limite pas à des murs peints de versets ; il commence dans le cœur, mais il s’étend dans la cité.
On m’a dit un jour : “Un chrétien ne doit pas faire de politique, il doit se concentrer sur le ciel.”
Ah bon ?
Alors pourquoi Jésus passait-il son temps à dénoncer l’injustice des pharisiens et l’hypocrisie des puissants ?
Pourquoi affrontait-il les autorités religieuses et civiques ?
Parce qu’il savait que la vraie spiritualité ne fuit pas le réel, elle le transforme.
Le penseur Aimé Césaire l’a dit : “Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde.”
Et remarquons qu’une foi qui interdit la réflexion devient une prison spirituelle.
La politique n’est pas un démon, c’est un miroir.
Quand on dit “la politique est sale”, on oublie que c’est nous, les citoyens, qui la rendons sale par notre indifférence.
Comme le dit Platon, l’un des châtiments de ceux qui refusent de s’intéresser à la politique, c’est d’être gouvernés par des gens pires qu’eux.
Alors oui, il y a la mauvaise politique — celle des corrupteurs.
Mais il y a aussi la bonne politique — celle des bâtisseurs.
Tout comme dans nos églises, il y a des pasteurs qui se disent « bons » et des faux prophètes.
Faut-il fermer les temples pour autant ?
Parmi les croyants, il y a des enseignants qui détournent la nourriture des cantines scolaires,
des infirmiers qui vendent les médicaments publics, des commerçants qui trichent sur les balances, des chefs d’entreprise qui exploitent les pauvres.
Ceux-là font-ils partie de la “bonne religion” ?
Et pourtant, ils lèvent les mains chaque dimanche en chantant “Alléluia”.
Alors, soyons cohérents, la politique n’est pas plus corrompue que l’église ; elle ne fait que refléter les cœurs humains.
Le problème n’est pas que le chrétien fasse de la politique.
Le problème, c’est qu’il a cessé de faire la politique de Dieu : celle de la justice, du partage, de la vérité.
Tant que les croyants auront peur de gouverner, les païens gouverneront leurs prières.
Et tant que les églises préféreront le silence à la pensée, les nations resteront dans la nuit.
Nietzsche disait que les convictions sont des prisons. Et beaucoup vivent enfermés dans la cellule de la “neutralité spirituelle”. Ils confondent humilité et soumission, paix et passivité.
♡ Mon message à tous les croyants ♡
Arrêtez de juger ceux qui pensent différemment.
Arrêtez de traiter de “païen” celui qui ose poser des questions.
Car penser n’est pas pécher.
Comme le disait Albert Camus :
> “Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde.”
Alors appelons les choses par leur nom.
La lâcheté n’est pas la foi.
L’ignorance n’est pas la piété.
La fuite n’est pas la sagesse.
Le croyant qui refuse d’agir trahit la mission divine.
Dieu ne veut pas des moutons bien dressés, mais des lumières. Il ne veut pas de fidèles peureux, mais des bâtisseurs courageux. Parce qu’au fond, servir Dieu, c’est servir l’humanité.
Et celui qui refuse d’agir au nom de sa foi, agit — sans le savoir — au nom de sa peur.
Le monde n’a pas besoin de plus de prêcheurs.
Il a besoin de plus de consciences.
Le temps des versets sans action est révolu.
Place aux penseurs, aux bâtisseurs, aux éveillés.
Je ne suis pas contre la religion, je suis contre l’endoctrinement et l’arnaque.
Je suis contre la paresse intellectuelle qu’on déguise en foi.
Je ne suis pas contre les églises.
Je suis contre les cages qu’elles construisent autour des esprits.
Et je ne suis pas contre Dieu, bien que la vérité est claire et évidente. Je suis contre tout ce qui empêche l’homme de le comprendre par la raison.
Vous avez tous les pouvoirs entre vos mains, vous êtes Dieu.
“Mon peuple périt, faute de connaissance.” — Osée 4:6
Et c’est justement pour cela que je parle.
Parce que je préfère être jugé pour avoir pensé,
que béni pour être resté ignorant.
